Alors que les rumeurs et les perspectives d’un dialogue national agitent la classe politique congolaise, le Front Anti-Dialogue sort du silence. Dans une lettre ouverte percutante adressée au Président de la République ce dimanche, ce regroupement citoyen et patriotique, dirigé par le Coordonnateur National Dieudonné Nkishi, a fixé trois lignes rouges infranchissables pour garantir la souveraineté du peuple.
Un pacte de transparence : « Qui revendique quoi ? »
Loin d’une opposition stérile, le Front adopte une posture de vigilance républicaine. Sa première exigence est un pavé dans la mare : la publication préalable des cahiers de charges de tous ceux qui réclament le dialogue. L’objectif est de mettre fin aux agendas cachés. Le peuple doit savoir, avant même l’ouverture des travaux, quelles sont les motivations réelles et les transactions privées que chaque camp tente de négocier dans l’ombre.
La Nation comme témoin : Le direct ou rien
Pour le Front Anti-Dialogue, le temps des huis clos et des marchandages nocturnes est révolu. La deuxième exigence impose une retransmission en direct, intégrale et continue de tous les travaux, des plénières aux sous-commissions.
« Le Peuple congolais doit être témoin. Il doit voir, entendre et comprendre qui dit quoi, et dans quel but », martèle le document.
Une mesure radicale visant à empêcher toute confiscation de la parole nationale et à protéger l’autorité morale du Chef de l’État contre les suspicions de « partage du gâteau ».
Le verrou constitutionnel : Aucun arrangement extra-institutionnel
Enfin, le Front exige que toute résolution issue d’une telle rencontre soit obligatoirement transmise au Parlement et à la Cour Constitutionnelle. Il s’agit de s’assurer qu’aucun compromis politique ne vienne ébranler l’équilibre institutionnel ou créer des mécanismes de transition d’exception sans base légale. La République ne doit pas être diluée dans des arrangements obscurs.
La souveraineté ne se négocie pas
En adressant ces conditions « minimales et non négociables » au Palais de la Nation, le Front Anti-Dialogue place le Garant du bon fonctionnement des institutions devant ses responsabilités. Le message est clair : si dialogue il y a, il devra se faire sous le regard permanent du souverain primaire, ou il ne sera qu’une nouvelle source de crise.
Frédéric TSHIDILE et Jonathan KABEYA KABONGO