Dans une province comptant 26 zones de santé, la prolifération de faux médicaments menace des milliers de vies. Flory Lufuluabo, Inspecteur chef à la pharmacie (IPS), tire la sonnette d’alarme : derrière chaque comptoir clandestin se cache un risque mortel.
Un processus d’élimination de haute précision
Détruire un médicament périmé ne s’improvise pas. Flory Lufuluabo est catégorique : la rigueur est la seule barrière contre la catastrophe environnementale. « On ne mélange pas injectables et comprimés, ça explose ! », prévient-il. Le protocole est strict : identification, tri par formes galéniques et incinération à haute température dans des sites isolés pour protéger l’air et l’eau des fumées toxiques.
Le fléau de l’informel : « Les médicaments ne sont pas des cacahuètes »
Le véritable défi réside dans l’ombre. Entre l’automédication sauvage et les pharmacies de fortune sans personnel qualifié, le danger est partout. Pour l’expert, le constat est sans appel : un médicament mal conservé ou périmé n’est plus un remède, c’est un poison. L’IPS lutte quotidiennement pour démanteler ces réseaux où la contrefaçon remplace les soins.
Un appel à la responsabilité collective
Face à l’accumulation des stocks périmés, l’heure n’est plus à l’hésitation. L’Inspection Provinciale de la Santé exhorte les structures médicales et la population à signaler systématiquement les lots suspects. « Dressez une liste, saisissez l’inspection », martèle Lufuluabo. La santé publique au Kasaï-Central dépend désormais de cette vigilance accrue et d’une régulation sans faille.
Par Frédéric TSHIDILE