Le couperet est tombé brutalement sur le sommet de la Direction Générale des Recettes du Kasaï Central (DGRKAC). Par deux décisions officielles datées du 15 janvier 2026, le Ministre Provincial des Finances, Jean Jacques Tshibola Mbombo, a suspendu de leurs fonctions le Directeur Général Lucien Luishiye Kapinga et son adjoint John Kabeya Kabeya. Ce coup de balai spectaculaire marque la fin d’une ère de tolérance face à la stagnation des recettes provinciales.
La sentence est sans appel et frappe simultanément les deux têtes pensantes de la régie financière provinciale. Selon les documents officiels, cette double suspension préventive, assortie d’une ouverture d’action disciplinaire, est la conséquence directe de rapports de performance financière alarmants et d’un contrôle inopiné mené avec diligence sur le terrain par l’autorité de tutelle.
Le grief retenu contre le tandem Lucien Luishiye et John Kabeya est lourd : les résultats de la régie sont jugés « extrêmement faibles » au regard des assignations budgétaires fixées par la province. Ce constat d’échec est d’autant plus cinglant que l’exécutif provincial avait consenti des efforts significatifs pour doter la DGRKAC de nouveaux moyens de mobilité, une dotation qui aurait dû, en toute logique, décupler l’efficacité de la collecte des taxes sur le terrain.
Pour le Ministre Jean Jacques Tshibola Mbombo, cette contre-performance ne peut plus être tolérée. Invoquant les obligations de gestion transparente et efficace qui incombent à tout mandataire public, il a rappelé son devoir d’ordonnateur provincial de protéger les intérêts du Trésor public. Les deux responsables disposent désormais d’un délai légal pour présenter leurs justifications face aux griefs retenus dans les procès-verbaux annexés à ces décisions.
Cette mesure de rigueur envoie un signal électrique à l’ensemble des gestionnaires publics du Kasaï Central : l’heure de l’impunité est révolue. Alors que la province réclame des moyens pour son développement, la direction de sa principale régie financière est désormais mise sur la touche, laissant la place à une restructuration qui s’annonce profonde. Reste à savoir qui sera appelé pour assurer l’intérim afin de redresser d’urgence une barque financière en pleine dérive.
Par Jonathan KABEYA